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Les Oubliés de la République, une question d’honneur

Demain, 8 mai, comme à l’accoutumé, la France célébrera le 64ème anniversaire de la fin de la barbarie nazie qui a marqué le retour d’une paix durable en Europe. Mais qui se souvient que cette liberté a, aussi, été chèrement payée par les combattants « indigènes » de la France libre. Goumiers, zouaves, tabors, tirailleurs, spahis, engagés voire, pour certains, enrôlés de force dans l’armée française ?

oubliesMalgré une reconnaissance médiatique récente, dans la foulée du film Indigènes en 2006 (pour mémoire, le film a été tourné en partie en Franche-Comté avec le soutien de la Région), et malgré quelques initiatives locales (comme à Champagney, tout près de chez nous, où, tous les ans, hommage est rendu aux 58 mors du 22ème Bataillon de Marche Nord-Africain tués lors de violents combats, entre le 29 septembre et le 3 octobre 1944), ces combattants là restent majoritairement oubliés des commémorations et, surtout, soumis à un régime de pensions discriminatoire : quand un ancien combattant français perçoit environ 600 €, un ancien combattant sénégalais touche 159 €.

Le sang versé pour notre Patrie d’alors vaudrait-il plus cher selon que l’on est aujourd’hui Français, Marocain ou Sénégalais ? Je ne le pense pas.

Cette situation pour le moins surprenante s’accompagne d’une situation tout aussi perverse qui conduit, dans certains cas, à des drames humains intolérables. En effet, faute de pension militaire décente, des milliers de personnes âgées ont émigré vers notre pays au début des années 1990 pour bénéficier de minima sociaux auxquels ils pouvaient prétendre, dans la mesure où la Loi Pasqua leur donnait droit à une carte de séjour en tant qu’anciens combattants. C’est donc pour pouvoir faire vivre leur famille que, paradoxalement, ils l’ont quittée pour se retrouver en France sans accueil adapté, isolés, pour certains clochardisés, souvent ignorés de tous. Ils mènent aujourd’hui leur dernier combat pour que la République leur reconnaisse, enfin, les mêmes droits que leurs compagnons d’armes français.

spahisLe film Indigènes, évoqué ci-avant, a déjà contribué à faire bouger les lignes : depuis 2007, les retraites du combattant et les pensions militaires d’invalidité, dites « pensions de sang » ont été revalorisées, mettant enfin à égalité les anciens combattants, quelles que soient leur nationalités. Mais cette victoire est amère car elle permet à l’Etat d’occulter les plus grandes injustices qui persistent pour les anciens militaires ayant servi plusieurs années dans l’armée française : leurs pensions varient en effet de 1 à 8 selon qu’ils sont aujourd’hui Français, Tunisien, Camerounais ou Cambodgien.

La coordination décristallisation (collectif bordelais d’associatifs et de bénévoles soutenu par la Région Aquitaine) a ainsi focalisé sa bataille juridique sur ce thème et a obtenu, le 15 octobre dernier, une décision historique du Tribunal administratif de Bordeaux qui donnait un avis favorable à la revalorisation des pensions militaires de six anciens combattants marocains. Cette décision, qui fait désormais jurisprudence, reste insatisfaisante dans la mesure où la décision est juridique et non politique, et dans la mesure où elle est fondée sur un accord international signé avec le Maroc. Un ancien combattant sénégalais a ainsi été débouté alors qu’il présentait la même demande.

ac-africainL’attitude de la République à l’égard de ceux qui se sont battus pour elle n’est pas digne des valeurs qu’elle prétend porter. En tant que titulaire de la Croix du combattant, je m’associe à la démarche du collectif des « Oubliés de la République » et d’Alain Rousset, député de la Gironde et président du Conseil régional d’Aquitaine, qui demandent instamment au Gouvernement de généraliser la décristallisation des pensions militaires de retraites, afin de permettre aux anciens combattants de les percevoir quel que soit leur lieu de résidence. Une proposition de loi a été déposée à cet effet. Elle doit pouvoir rassembler au-delà des clivages politiques dans la mesure où c’est l’honneur de notre Nation qui est en cause. Il ne s’agit pas seulement de reconnaître ces hommes qui ont servi la France, il s’agit d’assumer l’Histoire et de réparer une injustice qui dure depuis plus de 50 ans.

Outre Alain Rousset, et Naïma Charaï, Conseillère régionale et présidente des oubliés de la République, cette démarche est soutenue par des personnalités aussi diverses que Stéphane Hessel, ambassadeur de France et corédacteur de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme, Lilian Thuram, Pascal Blanchard, historien et professeur associé au CNRS ou Christelle Jouteau, avocate et membre du collectif Coordination décristallisation. Par vous aussi, peut-être, si vous signez la pétition lancée dernièrement et consultable sur le blog des Oubliés de la République.

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Charlotte Brun : « le gouvernement reste sourd aux difficultés rencontrées par les retraités »

Le gouvernement accorde tout juste 1 % d’augmentation pour la retraite de base, c’est-à-dire pour l’immense majorité des retraités. Cette mesure ne permet pas de rattraper la perte de pouvoir d’achat subie en 2008. Elle entérine la diminution des pensions. Elle conforte une situation injuste socialement et dangereuse économiquement.

retraitee1Le Parti socialiste souligne que la majoration de 6,9 % de l’allocation de solidarité aux personnes âgées ne concerne que les personnes vivant seules et exclut les ménages retraités et défavorisés. Faut-il rappeler au gouvernement que plus d’un million de personnes âgées subissent la pauvreté ?

Aujourd’hui, près de la moitié des retraités vivent avec une pension inférieure au SMIC.

Derrière la bulle des effets d’annonce, ces mesures maintiennent le minimum vieillesse largement sous le seuil de pauvreté et ne répondent pas aux difficultés croissantes rencontrées par les retraités.

Les retraités, de plus en plus confrontés à des choix, ne sont pas dupes. Si la crise économique les inquiète tant, c’est bien parce que l’action gouvernementale a considérablement fragilisé leur quotidien : dégradation du niveau des pensions suite aux réformes Balladur et Fillon, quasi impossibilité d’accès aux soins en raison des nombreux déremboursements, des franchises médicales et des forfaits hospitaliers.

Le Parti socialiste propose dans son propre plan de relance une aide immédiate au pouvoir d’achat de 500 euros pour le minimum vieillesse et une indexation des retraites sur l’évolution du salaire moyen. Il est également partisan d’un effort de longue haleine en direction des 14 millions de retraités afin d’enrayer la spirale de baisse constante depuis 2002 du niveau des pensions.

Charlotte Brun, Secrétaire nationale aux personnes âgées, personnes handicapées et dépendance du Parti Socialiste

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