Archives de Tag: Nicolas Sarkozy

Identité nationale : un débat sur commande

La communication politique, élevée depuis quelques années au rang d’art par les George Bush et autres Nicolas Sarkozy qui nous gouvernent, a sans aucun doute quelques mérites pour ces derniers, notamment celui de les avoir fait élire, voire ré-élire pour Bush, sur la base d’un plan, d’éléments de langage  ou de storytellings tellement bien pensés qu’ils nous en font oublier que l’image que ces artifices contribuent à donner de ces hommes politiques est à l’exacte opposée de leurs attitudes et de leurs actions une fois élus.

sarko_drapeauCette même communication politique a également théorisé l’effet de la parole, des débats et des images de la grand’messe du 20h et des médias de masse sur les Français (et sur moi le premier) : parlez du pouvoir d’achat à nos compatriotes et ils feront leurs calculs, constatant de façon indéniable que l’auto-proclamé « Président du pouvoir d’achat » n’est en réalité que le Président du pouvoir d’achat des plus riches, et du déclin de celui des autres. Parlez-leur des franchises médicales et ils se rendront compte que cette « réforme » présentée comme salutaire n’est en réalité qu’une taxe sur les malades et les personnes âgées, au profit d’intérêts privés proches du pouvoir ou de très bons lobbyistes. Parlez-leur d’identité nationale, et certains d’entre eux seront tentés de trouver dans les immigrés et autres soi-disant « mauvais français » les boucs émissaires de tous leurs malheurs.

Ce débat, initié par un Eric Besson peu soupçonnable d’incarner même une seule valeur positive, est un débat dont la date et le thème sont imposés non par l’intérêt général mais par quelque cabinet de communication politique parisien dont les membres sont très certainement de jeunes trentenaires surdiplômés en marketing, habitant Neuilly et susceptibles de faire passer Frédéric Beigbeder pour un chef scout un peu timide. Sous la houlette de Claude Guéant, tout ce beau petit monde a décrété, il y a quelques jours, qu’initier un débat sur l’identité nationale fin octobre pouvait être bénéfique dans l’optique des Régionales. Et voilà que (presque) tout le monde embraye, parfois même dans notre propre famille politique. Et parfois même pour les mêmes motifs liés à la communication.

marianne cpeCe petit billet, qui participe également, mais de façon très ponctuelle, à cet emballement, vise juste à rappeler que l’identité nationale ce n’est pas de la communication politique à date fixe : c’est avant tout un ensemble de valeurs universelles héritées de ceux qui ont mis fin, en France, à des siècles de tyrannie. Dans cet ensemble de valeurs qui contribuent sans aucun doute à nous permettre de mieux vivre ensemble, il y a celle de considérer tous ceux qui les partagent comme des égaux en droits et en devoirs, et ce quels que soit leur histoire, leur passé, leur pays ou leur condition de naissance, leur travail, leur religion ou leurs idéaux.

Cet état d’esprit déjà ancien se doit de perdurer dans le temps sans obéir au calendrier de M. Besson et en se détachant au maximum des plaisanteries abjectes de M. Hortefeux, car cet état d’esprit est le fondement de notre République. Là est notre identité nationale, et nulle part ailleurs.

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Benoît Hamon : « Sarkozy ne fait que de la « com » sur les bonus »

bhBenoît Hamon, porte-parole du Parti socialiste, a reproché aujourd’hui à Nicolas Sarkozy de faire de la communication au lieu d’agir sur les bonus des traders.

Sur Europe 1, il estimé que le chef de l’Etat, qui reçoit mardi les dirigeants des banques à l’Elysée, devrait imposer par la loi une rémunération maximale dans toutes les entreprises.

Nicolas Sarkozy devrait d’autre part « nationaliser un certain nombre de banques » pour créer un pôle public, à même de financer l’économie, a estimé le responsable socialiste.

Et quand l’Etat aide financièrement des banques, comme il l’a fait depuis le début de la crise, il doit siéger à leur conseil d’administration, ce qu’il s’est refusé à faire, a-t-il ajouté.

« Voilà trois propositions qui montrent une volonté, non pas de se contenter de faire de la com’ comme le fait le président de la République, mais de réguler », a dit le porte-parole du PS.

De même, pour « moraliser le capitalisme », comme Nicolas Sarkozy a promis de le faire, il faut aussi mettre fin au secret bancaire, ce qui n’est pas le cas, malgré les annonces de gouvernement, a-t-il insisté.

Pour Benoît Hamon, « en dépit de la crise et du rapport de force favorable qui existe pour changer cela, le président de la République n’est pas passé du discours aux actes. »

Il a ainsi souligné que l’échange automatique d’informations fiscales entre la France et des pays comme le Luxembourg n’était pas prévu.

« Je regrette que sur le secret bancaire, sur le financement de l’économie, sur l’échelle des salaires, sur les bonus, le président de la République ait une fois de plus fait de la communication », a dit Benoît Hamon.

De source bancaire, on expliquait lundi que les banques françaises étaient disposées à faire des concessions supplémentaires sur les bonus, dont le retour en pleine crise passe mal auprès de l’opinion publique et des responsables politiques.

Sources : Jean-Baptiste Vey, édité par Gérard Bon, pour Reuters

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« Le président et les rentiers »

Je voudrais partager avec vous cet article au titre de fable rédigé par Philippe Frémeaux, le directeur de la publication du toujours très éclairé mensuel Alternatives Economiques. Le sentiment qu’en France l’argent va à l’argent, et que le principal objectif des gouvernements UMP qui se succèdent est bien davantage de protéger les acquis des plus aisés des Français que d’œuvrer à l’intérêt général, ne peut sortir que renforcé de cette lecture.

« Au lieu d’augmenter l’impôt pour les revenus les plus aisés, le Président de la République leur propose un nouveau produit d’épargne.

déficit2Nicolas Sarkozy a rappelé devant le Congrès réuni à Versailles sa volonté de revenir à l’équilibre des comptes publics. Un souhait qui semble particulièrement peu crédible : rarement en effet le décalage entre les déclarations et les faits n’a été aussi colossal.

Les déficits publics devraient dépasser 7% du PIB en 2009 et 2010. Autant dire que la promesse présidentielle de retour à l’équilibre sera au mieux pour la fin de son second mandat. Le président a voulu surtout rappeler que la crise ne le détournerait pas de sa volonté d’agir sur les structures pour rendre la dépense publique plus efficace et limiter la dérive des dépenses sociales.

La volonté de rigueur affichée à long terme vient ainsi excuser la dérive du court terme. En affirmant sa volonté de continuer à réduire le nombre de fonctionnaires, de simplifier l’administration territoriale, en rappelant qu’il entend poursuivre la réforme des retraites en allongeant les durées d’activité, Nicolas Sarkozy a voulu affirmer face à ses électeurs, mais aussi face à nos partenaires européens, que la France n’a pas fait une croix sur les réformes engagées depuis 2007.

A écouter attentivement son discours, on entendait également que nous n’étions pas encore sorti de la crise et qu’il fallait bien laisser jouer les stabilisateurs automatiques pour soutenir l’activité. Effectivement, le risque aujourd’hui serait de chercher à réduire les déficits de manière prématurée, alors que la reprise n’est pas du tout au rendez-vous, alors que l’économie française va continuer à détruire des emplois par centaines de milliers au cours des prochains trimestres. Toute réduction des déficits risquerait de nous précipiter dans la déflation, c’est-à-dire dans un mouvement autoentretenu de baisse des prix, des revenus et de l’emploi.

Dans ce contexte, quel jugement porter sur l’annonce d’un grand emprunt d’Etat ? Disons que cela va surtout permettre de maintenir un haut niveau de dépenses publiques sans être accusé d’être indifférent à la montée des déficits. Mais cela ne change rien au résultat : au lieu d’emprunter sur les marchés, on va s’adresser directement aux Français, mais ce seront les mêmes qui, au final, prêteront à l’Etat. Cette mesure est tout à fait cohérente pour un président de droite qui, depuis son élection, a constamment privilégié les titulaires de hauts revenus.

yacht bolloréNicolas Sarkozy était face à un choix très clair : il aurait pu demander un effort de solidarité aux plus aisés, ce qui aurait permis de financer une hausse des dépenses sociales au profit de tous ceux pour qui la crise ne fait que commencer. Il a choisi au contraire de réaffirmer son opposition de principe à toute augmentation des impôts, et lance un grand emprunt dont on sait qu’il sera souscrit par les plus aisés, ceux qui épargnent de toutes façons une large partie de leurs revenus et qui cherchent aujourd’hui des placements sûrs, ayant été échaudés par la chute de la bourse. On va donc emprunter aux plus riches l’argent qu’on se refuse à leur prélever, un emprunt qui devra être remboursé demain par ceux qui payent l’impôt. Nicolas Sarkozy s’inscrit ici dans la lignée des Pinay, des Giscard, en offrant une rente de plus à ceux qui ne manquent déjà de rien. »

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