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Appel à voter pour Jean-Luc Mélenchon

« Je vais vous livrer le fond de ma pensée, et tout d’abord que j’ai assez longuement hésité – pour des raisons diverses – avant de rédiger cet appel. Mais ce que j’estime être l’intérêt général a su prendre le pas sur les intérêts particuliers. Et même si je sais l’importance toute relative du modeste élu local que je suis, j’ai pris la décision de, tout de même, vous faire savoir vers quel candidat va se porter ma voix, ainsi que – c’est bien plus important – le pourquoi de ce choix.

Je vais, de plus, m’efforcer de rester positif, afin de ne pas évoquer trop longuement les faillites politiques, morales et humaines de quelques uns au sein d’un Parti socialiste que j’ai choisi de quitter il y a deux ans et qui, parfois, est oublieux de son histoire et de ses valeurs. Plus encore qu’une ligne sociale-démocrate toujours plus affirmée, je me souviens – à titre d’exemple – d’un cadre qui affirmait, en plein Conseil fédéral de Haute-Saône, en 2010, que les enseignants étaient trop payés sans que cela ne choque grand monde, ou bien encore de séminaires de cadres organisés par le premier secrétaire fédéral dans des châteaux (!) alors que, déjà, la crise avait commencée et que certains de nos compatriotes n’avaient déjà plus de quoi nourrir leur famille. Les adeptes de la novlangue évoqueraient, pour le moins, quelques failles dans la gouvernance, voire dans l’éthique. Je vais tout de même, quitte à paraître incohérent, vous dire que j’ai laissé au PS de notre département, et au-delà, des sympathies, des amitiés et des fidélités qui vont bien plus loin que la politique, et que parfois les échanges ont été riches. Je vais dire aussi que la force de travail et la compétence de certains des grands élus locaux que l’implication citoyenne donne la chance de côtoyer laisse parfois pantois, dans le bon sens du terme.

Voilà pour le coté humain et pour les explications d’un non-vote mais il y a aussi, bien sûr, des raisons politiques, philosophiques et positives à mon choix de dimanche prochain, et elle sont bien sûr bien plus importantes : dans le désordre et de façon non exhaustive je citerais la toujours d’actualité question du oui ou du non au Traité Constitutionnel Européen (je soutenais le non ; pas le non à l’Europe, hein, j’entends bien, mais le non à cette Europe-là, et ce contre la majorité du PS), les questions économiques et fiscales en général dont celle qui prône la nécessité – j’en suis de plus en plus persuadé – de la mise en place d’une forme de protectionnisme afin de sauver nos emplois et notre tissu industriel, et bien sûr des questions morales comme l’impérative obligation de respecter l’éthique et les règles internes de la structure à laquelle on appartient avant de vouloir prétendre recevoir le mandat des électeurs et d’incarner la République. Toutes ces questions, que l’on feint d’oublier pendant les campagnes, reviendront à coup sûr tôt ou tard sur la table. Toutes ces raisons, et quelques autres, font que je pensais – et que je pense toujours – être davantage fidèle à ceux qui me font confiance en soutenant d’autres solutions, au sein d’autres structures associatives ou partisanes, même plus modestes, ou même au sein d’aucune structure du tout, simplement au service de ma commune et de ses habitants. Je fais un court aparté pour indiquer que la récente proposition du candidat François Hollande visant, en cas de victoire, à inscrire le concordat d’Alsace-Moselle dans notre constitution héritée des Lumières m’a d’ailleurs conforté dans mon choix.

Et mon choix, c’est de voter pour Jean-Luc Mélenchon ; non que la gouvernance départementale de son parti soit meilleure que celle du PS (il n’y en a d’ailleurs pas/plus, ou pas encore), mais il y a dans cet homme – qui a quitté les socialistes en 2008 sans avoir pu réformer le parti de l’intérieur – de la morale, une vision et un élan hérité de nos ancêtres de Valmy. Tout ce qui nous (me) manquait, en ces temps troublés qui manquent de repères. J’aurais bien quelques remarques, ou l’envie d’entamer quelque débat, sur des points précis de son programme comme la politique internationale ou le nucléaire, mais je suis cependant certain du plus important : la justesse de la plupart des constatations et des arguments développés par Jean-Luc Mélenchon, ainsi que de sa probité. Comme lui, je suis persuadé de la nécessité pour notre cohésion Républicaine de la mise en place d’un service public de l’eau et de mesures justes visant à protéger notre environnement. Comme lui, je pense que la France ne pourra faire l’économie de réformes constitutionnelles qui passent par la mise en place d’une assemblée constituante davantage représentative de nos diversités et par la ré-affirmation d’une laïcité respectueuse des croyances mais invariable dans son application. Comme lui, je pense que notre avenir ne pourra se construire sereinement qu’à la condition d’une meilleure redistribution de la richesse créée au sein d’une Europe moins intrusive, moins technocratique et pour tout dire plus démocratique. Comme lui, enfin, je ne peux concevoir qu’un accès égal de tous les citoyens à tous les services publics, qu’ils concernent la santé, l’accès aux technologies ou l’éducation. Pour être honnêtes avec vous, je voudrais vous dire en conclusion que j’ai de la sympathie ou de l’attention pour d’autres courants de pensée, comme celui de Jean-Pierre Chevènement, et même pour des Républicains de droite, à l’instar de Nicolas Dupont-Aignan. J’ai même, parfois, l’espoir qu’au Front de gauche pourrait succéder, un jour, un Front Républicain qui, au-delà de nos différences, serait en mesure d’opposer une unité nationale forte à l’unité des amis libéraux et ultra-conservateurs de Manuel Barroso. Mais, pour le moment, cher amis qui êtes arrivés au bout de cette prose, je vous incite et vous demande de voter, comme je vais le faire, pour Jean-Luc Mélenchon, mais aussi – sans hésitation aucune – pour le candidat de gauche qui, invariablement, sera présent au second tour »

 Pascal Hassenforder

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Jean-Luc Mélenchon : « élever le regard »

Cette vidéo, enregistrée fin août dernier sur le campus universitaire de
Saint-Martin-d’Hères (Isère), permet de revivre dans son intégralité le très bon discours de clôture de Jean-Luc Mélenchon lors de l’université d’été du Parti de Gauche . Elle nous permet également d’élever le regard sur notre présent et notre futur …


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Jean-Luc Mélenchon : « le 24 juin, tous dans la rue ! Au nom de la dignité ! »

« Je m’adresse à tous ceux qui hésitent : le 24 juin, tous dans la rue ! Au nom de la dignité ! Pour montrer, et d’abord à soi-même, que nous ne sommes pas devenus un peuple d’animaux que ses maîtres tondent sans qu’il regimbe ! Par fidélité aux combats des anciens qui se sont crevés la peau pour ce droit. Et pour leur foutre la peur du siècle, aux autres, à ceux qui ont décidé de nous faire ça ! Il nous faut être plus nombreux que les gouttes d’eau dans la pluie le 24 juin. Que tout le monde jusqu’au bout de l’Europe nous entendent crier ! On criera pour ceux qui peuvent pas, ou qui ne peuvent plus ! (…)

Jour de cendres. Bien sûr la bataille n’est pas finie. On va se taper. Le 24 juin c’est crucial. Mais quand même, ils ont osé ! Faut-il qu’ils se sentent forts ! Ne perdez pas de vue que c’est la première fois qu’on rembobine le fil d’une conquête sociale de cette ampleur dans ce pays. La retraite à soixante ans c’est plus qu’un acquis social. Davantage que des années de manifestations, pétitions, votes et cortèges syndicaux depuis 1910. C’était alors la première loi sur le sujet organisant une retraite à soixante cinq ans. La victoire du passage à soixante ans ce fut en 1983, avec le programme commun de gouvernement de François Mitterrand et Georges Marchais ! C’est une façon de vivre en société. C’est fini. Les libéraux ont décrété la fin des jours heureux. Nicolas Sarkozy l’a fait ! Pour rien ! Car rien ne sera réglé par cette réforme qui prétend tout arranger. Notez que Fillon, en 2003, aussi prétendait avoir tout réglé sur le sujet! Et d’abord on se demande d’où sort cette nouvelle date butoir : 2018 ! C’est nouveau ! Le débat s’organisait parfois sur la date invoquée par le Conseil d’orientation des retraites : 2050 ! Et d’autres fois c’était sur les annonces et références du gouvernement lui-même : « 2020 ou 2030 ». J’avais ironisé (…) à propos de ces dix ans d’écart dans les prévisions. D’ailleurs le plan Fillon de 2003, avait été calculé pour 2020 ! Voila un  nouveau calendrier ! Il faut recommencer tous les comptes et comparaisons. Ca doit être étudié pour, je suppose. Car depuis le début la méthode de communication est très importante dans le déploiement du gouvernement! Des annonces à petite dose pour que les gens s’habituent, des effets de pipeau. Tout ça pour endormir. En tous cas une première évaluation montre que rien n’est vraiment réglé dans cette affaire. Sans le siphonage du fond de réserve des retraites créé par Jospin, les comptes ne seront pas à l’équilibre après 2018. Mais le système sera alors tellement mal en point tellement peu attractif que la capitalisation aura tout l’espace. Quelle erreur ce serait. Tenez : encore aujourd’hui la preuve est faite avec l’affaire de la marée noire ! J’espère que vous connaissez le rapport entre ces deux questions. Sinon le voici : 17 % des revenus des fonds de pensions anglais sont constitués par les dividendes de BP. Les retraités anglais vont trinquer à cause des mouettes en Louisiane !

Mais ce qui est certain, c’est que ça va faire mal à ceux sur qui ça s’abat. L’injustice est totale. 90 % des efforts seront fournis par les travailleurs. Mais  le capital et les hauts revenus ne règleront que 10 % de la facture. C’est-à-dire  seulement 4 milliards d’euros sur les 42 milliards à faire cracher à l’horizon 2018. Pour se faire une idée sérieuse de ce que représentent ces quatre milliard « d’efforts » il faut se souvenir que la droite au pouvoir depuis 2002 a déjà donné 30 milliards d’euros par an de baisses d’impôts aux plus riches ! L’injustice sociale est donc consacrée reine en France par le président Sarkozy! Faisons le bilan rapide. Pour avoir une retraite à taux plein  à 62 ans, il faudra avoir travaillé sans interruption depuis l’âge de 19 ans et demi ! Ceux qui n’auront pas le nombre de trimestres cotisés suffisant touchaient quand même leur retraite à taux plein à partir de 65 ans. Ce n’était déjà pas génial. Maintenant ce sera 67 ans !

Quand aux mesures prises pour tenir compte de la pénibilité du travail c’est la honte totale. On se souvient que les syndicats acceptaient d’en discuter à condition que l’évaluation de cette fameuse pénibilité si particulière soit faite par métier c’est-à-dire collectivement. Le Medef ne voulait rien savoir. Il voulait une évaluation individuelle. Nous objections que cela revenait à constater les dégâts au lieu de les prévenir. Mais jamais nous aurions pensé que le gouvernement se moquerait du monde de cette façon ! Oui c’est bien en constatant les dégâts que cette pénibilité sera reconnue. Ces travailleurs qui pourront partir plus tôt seront en effet choisis « individuellement » parmi … les invalides et victimes d’accidents du travail ! Grand foutage de gueule. Et c’est à peine si 10 000 salariés pourraient ainsi partir avant 62 ans ! Mais la encore tout est dans la manière de faire. Se moquer du monde comme ça c’est l’équivalent d’un coup sur la tête !

Les fonctionnaires, eux vont se faire détrousser : ils vont cotiser « comme le privé ». Gros argument destiné à provoquer des jalousies et rivalités en montrant du doigt ceux qui se gobergeraient sur le dos des autres. Rappelons que les deux caisses de retraites n’ont rien à voir. L’augmentation des cotisations ne fait pas rentrer un sous de plus dans la caisse du privé. Ni dans celle du public non plus d’ailleurs. 

Vous pouvez lire la suite de ce long mais très intéressant billet sur le blog de Jean-Luc Mélenchon en cliquant ici.

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Changement de cap

« Ce petit mot pour vous dire que ma lettre de démission du PS, et donc du Secrétariat et du Conseil fédéral, est partie en début de semaine. Je ne suis plus non plus, donc, mandataire de la motion C de Benoît Hamon en Haute-Saône.

Cette démission est principalement due au constat d’une conception différente d’avec la majorité des militants et, surtout, d’avec les décideurs du PS sur que ce j’estime être bon pour notre société, pour notre République et pour notre capacité de vivre ensemble, dans un pays et une Europe plus justes socialement.

Je pars sans haine ni rancune aucune malgré, entre autres, les difficultés liées à l’élaboration de la liste pour les Régionales de ce début d’année. Je laisse au PS des camarades de qualité qui, je l’espère, resteront des amis. J’espère également que, tous, nous nous retrouverons dans le cadre de l’union des gauches à laquelle, majoritairement, nous aspirons.

C’est sous la bannière du Parti de Gauche de Jean-Luc Mélenchon que je manifesterai le 24 juin prochain pour sauver notre système de retraite. »

Pascal Hassenforder

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Toute la gauche unie contre la taxation des accidentés du travail

Des représentants des principaux partis de gauche (PS, Verts, PCF, Parti de gauche, NPA, LO) ont tenu mardi soir un « meeting unitaire » pour exiger le retrait du texte de loi sur la taxation des accidentés du travail, affichant leur capacité à « se rassembler sur l’essentiel ».

Les porte-parole du PS, Benoît Hamon, et du NPA, Olivier Besancenot, ont mis de côté leurs divergences pour se retrouver à la même tribune, lors de cette réunion tenue devant près de 300 personnes, dans une salle municipale parisienne.

« Cela montre qu’on se rassemble sur l’essentiel. J’espère qu’on passera un jour du rassemblement sur la contestation et la résistance à un rassemblement sur les projets », a déclaré M. Hamon, déplorant que la droite « taille régulièrement des croupières à la gauche ».

La taxation des indemnités des accidentés du travail est « une mesure d’une injustice la plus totale », a souligné le responsable socialiste, en rappelant que 46.000 personnes étaient victimes d’une invalidité permanente par an.

La fiscalisation de ces indemnités, qui vise à rapporter 150 millions d’euros par an, a été adoptée le 13 novembre à l’Assemblée nationale à l’initiative de l’UMP. Cette mesure, qui s’applique aux indemnités versées à compter de 2010, doit encore être votée au Sénat pour entrer en vigueur.

« Nous menons une bataille unitaire, au-delà des désaccords des uns et des autres. Il faut résister pour que cette sale mesure ne passe pas », a expliqué M. Besancenot.

« 150 millions, c’est rien par rapport aux 700 millions du bouclier fiscal qui ne bénéficie qu’aux plus riches », a-t-il lancé, dénonçant une « négation révoltante de la pénibilité du travail » et une « vraie mesure de classe ».

Le président du Parti de gauche, Jean-Luc Mélenchon, a fustigé un « projet aberrant et mesquin ». « C’est un petit moment de bonheur de se retrouver tous ensemble pour défendre une cause comme celle-là », a-t-il ajouté.

Représentant la secrétaire nationale des Verts Cécile Duflot, Alain Lipietz a estimé que la gauche était « unie pour dénoncer une formidable poussée de la surexploitation », tandis que Nathalie Arthaud, porte-parole de Lutte ouvrière, a appelé de ses voeux « une explosion sociale ».

Comme quoi, l’union de toutes les gauches est possible …

Sources : AFP

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