Archives de Catégorie: géopolitique et défense

Mers de plastique

Une fois n’étant pas coutume, je me permets – de façon très exceptionnelle, j’entends bien – de reprendre un (court) article du Figaro, qui plus est datant de plusieurs mois et dont le sujet est bien loin de notre quotidien comtois. Sans verser dans un militantisme qui n’est pas le mien, j’avoue avoir découvert assez récemment l’existence de ce qu’on appelle les  « mers de plastique », ou bien encore Trash Vortexes ou Garbage Patches dans la langue de Shakespeare. Les images, facilement visionnables sur l’internet, front froid dans le dos et nous interrogent, c’est indéniable, sur la pérennité de notre mod(èl)e de vie à tous.

« Seulement 4% des océans restent intacts dans le monde, ont mis en garde des scientifiques américains en 2008. Nous savions que l’océan Pacifique était parsemé des grandes plaques d’ordures. La nouveauté est que l’océan Atlantique connait désormais le même problème : en effet, une zone stable dans laquelle les déchets sont très concentrés y a été mise en évidence par des océanographes. Toutefois, il semblerait que depuis plus de 20 ans la situation n’ait pas empiré. Au moins en apparence.

Les océans abritent de gigantesques poubelles. Depuis les travaux de Charles Moore en 1997, on connaissait l’existence dans l’océan Pacifique d’une vaste région dans laquelle vient s’entasser le plastique. Le pionnier de l’observation des déchets en mer l’avait baptisée la « Grande plaque de déchets du Pacifique est ». Les étudiants et chercheurs de la Sea Education Association viennent de mettre en évidence à leur tour l’existence d’un « patch » similaire dans l’Atlantique nord. Leurs travaux, dont ils avaient annoncé fin février les premiers résultats lors d’un congrès à Portland, font l’objet d’une publication dans la revue Science.

Pendant 20 ans, ils ont réalisé des dizaines de milliers de relevés à l’aide de filets à plancton, en surface et jusqu’à 10 mètres de profondeurs. Plus de 6100 lieux de prélèvements ont permis de déterminer la répartition des déchets en plastique dans une grande partie de l’Atlantique nord. La carte établie montre une zone dans laquelle ces déchets, qui ne mesurent généralement pas plus de quelques millimètres, sont plus concentrés (plus de 10.000 déchets au kilomètre carré).

Curieusement, ce n’est pas à proximité des côtes que l’on retrouve les plus grandes quantités de plastique, mais en pleine mer, dans ce que l’on appelle une gyre océanique. Dans cette zone formée par un gigantesque enroulement de courants marins, les vents et les courants sont faibles. Les déchets qui arrivent ici ne repartent pas. Ils s’accumulent au fil du temps pour former des « plaques » dans lesquelles on peut retrouver par endroits plusieurs centaines de milliers de déchets au kilomètre carré. Cette étude semble confirmer que toutes les grandes gyres océaniques (il y en a cinq dans le monde) recèlent des « décharges » de plastique la « plaque » du Pacifique était déjà située dans une région de ce type. Les simulations numériques indiquent que les déchets pourraient ainsi rester pris au piège entre 10 et 100 ans… »

Sources : lefigaro.fr

Poster un commentaire

Classé dans géopolitique et défense, infos citoyennes

Bernard Maris : « Mieux vaut être banquier que Grec »

Un article de Bernard Maris, économiste et chroniqueur sur France Inter, à propos du plan de sauvetage d’une Grèce bien moins lotie que les banques …

« Les chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union européenne tentent aujourd’hui de s’accorder le cas Grec pour remettre à flot les finances du pays. Le PIB de la Grèce recule de 2% en 2010, son déficit public reste proche de 13% du PIB et la dette publique atteint les 115% du PIB.

Qui va sauver la Grèce ? L’Europe, le FMI, ou les deux, ou personne, si l’on suit les Allemands. Cette malheureuse Grèce empruntait avant-hier à 6,5% pour des bons d’Etat à 10 ans. Elle vient de faire un gros effort de réduction de son déficit qui a reculé sur les deux derniers mois, c’est un signe tout de même ! de 70%.

La dette publique remplace la dette privée

Mais qui prête à 6,5% à la Grèce ? Les marchés. Mais concrètement ? Les banques, et les fonds d’investissement qui achètent de la dette grecque. Or ces mêmes banques, elles, ont été sauvés par les contribuables, jamais personne n’a hésité une seconde pour les sauver, et la  Banque centrale européenne leur a prêté des tombereaux de fraîche, d’oseille, de cash à 1% …

Si j’avais mauvais esprit, je dirais qu’il n’est pas étonnant que les 5 grandes banques françaises affichent plus de dix milliards d’euros de bénéfices en 2009, financés par ce crétin de contribuable, mais je préfère dire qu’une dette publique s’est substituée à une dette privée.

Les banques ont transféré le mistigri de la dette. Toutes leurs créances pourries et leurs risques de faillite ont été transformées en dette publique, merci les Etats. Et maintenant, les banques ne font pas plus de crédit qu’auparavant, plutôt moins, le font toujours aussi cher, et surtout prêtent à des fonds qui spéculent contre la Grèce, quand elles ne spéculent pas directement.

La Grèce peut faire faillite.

La Grèce peut faire faillite. On ne pouvait être aussi péremptoire il y a un mois. Mais visiblement, si la réunion d’aujourd’hui débouche sur rien, on se dirigera vers un scénario à l’Argentine. Quand la dette argentine est devenue trop forte entre 1998 et 2001, cette pauvre Argentine a fait un effort de rétablissement des finances, un gros effort, qui a plongé le pays dans la récession, et entraîné la cessation de paiement. La Grèce a-t-elle un problème de liquidité ou de solvabilité ? Liquidité, un peu de cash, et l’économie repart. Solvabilité, rien à faire.

Et on ne peut pas faire à la Grèce les mêmes cadeaux qu’aux banques. Parce que la Grèce n’est rien. Les dix plus grandes banques mondiales pèsent 2000 milliards d’euros et la Grèce 200 milliards. Cacahuètes. Que peuvent les grecs contre une dizaine d’opérateurs de marché qui fixent le taux ?

L’économiste Thomas Piketty, fait remarquer avec sa vista habituelle, que les Grecs étant endettés nets vis-à-vis du reste du monde, comme beaucoup de pays du Sud, une partie de leur production, 5% environ, ce qui est énorme, part à l’étranger pour payer les créanciers. Et ce, au moment où les Grecs ont besoin de toute cette production pour faire redémarrer leur économie.

Monsieur Trichet pourrait sauver la Grèce. Mais Monsieur c’est madame Merkel, et l’euro est le pseudonyme du mark. Et pourquoi sauver la Grèce, on lui doit l’invention de la philosophie, de la géométrie, de la science, et de la démocratie … Est-ce que ça vaut d’aller contre la volonté des banques ?« 

Sources : marianne2.fr

1 commentaire

Classé dans géopolitique et défense, infos citoyennes

La mauvaise vie de Frédéric Mitterrand

Le porte-parole du PS, Benoît Hamon, a qualifié hier de « choquant » le livre publié en 2005 par Frédéric Mitterrand qui raconte des épisodes de tourisme sexuel, dénonçant un « ministre consommateur ».

fred mitterrand« Je trouve choquant qu’un homme puisse justifier, à l’abri d’un récit littéraire, le tourisme sexuel », a déclaré M. Hamon, interrogé par l’AFP, à propos de cet ouvrage, « La mauvaise vie », dans lequel Frédéric Mitterrand confesse son penchant pour les « jeunes garçons » durant ses voyages. « Au moment où la France s’est engagée avec la Thaïlande pour lutter contre ce fléau qu’est le tourisme sexuel, voilà un ministre du gouvernement qui explique qu’il est lui-même consommateur », s’indigne M. Hamon, qui refuse qu’on puisse « tout relativiser, même ce qui est incontestablement choquant ».

red light district bangkokLe porte-parole du PS dénonce également le soutien apporté par le ministre au cinéaste franco-polonais Roman Polanski, arrêté le 26 septembre en Suisse, sur mandat américain, pour une affaire d’abus sexuels sur mineure remontant à plus de 30 ans. « M. Mitterrand, qui n’a démontré pour l’instant aucune qualité comme ministre de la Culture, s’est illustré sur un terrain qui n’est ni à l’honneur du gouvernement, ni au sien », affirme le responsable socialiste. Interrogé sur la pétition lancée par le Front national (FN) pour exiger la démission du ministre, M. Hamon a déploré que cette affaire « donne des arguments » au parti de Jean-Marie Le Pen. « Cela fait le lit du Front national. On lui donne des arguments qu’il exploite à sa manière habituelle, avec surenchère ». Mais, a-t-il souligné, « l’affaire existe ». « Le FN, je sais ce que vaut ce parti, mais comme porte-parole du PS, je suis choqué par les propos du ministre, violemment choqué », a-t-il conclu.

Sources : AFP

2 Commentaires

Classé dans géopolitique et défense, infos citoyennes

Jean-Louis Carrère : « Le gouvernement est complètement à la ramasse »

Dans le cadre d’une interview donnée à François Vignal et parue dans le quotidien Libération, Jean-Louis Carrère, sénateur PS, explique pourquoi les sénateurs PS et PC ont boycotté aujourd’hui « une réunion secrète » et « sans compte-rendu » avec deux conseillers de Nicolas Sarkozy, au sujet de la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN.

nato1Jean-Louis Carrère, sénateur PS des Landes, est vice-président de la commission des Affaires étrangères et de la Défense du Sénat. Il souligne que « ce qu’a écrit Alain Juppé » sur l’OTAN « correspond tout à fait à la position de sagesse qui semble convenable pour la France ».

Pourquoi les sénateurs PS et PC ont-ils boycotté aujourd’hui cette audition sur l’Otan des conseillers de l’Elysée par la commission des Affaires étrangères?
Ce qui nous a beaucoup choqué, c’est que dans une commission, on puisse avoir une réunion secrète et sans compte-rendu, ce qui est le cas ici. Ça ne veut rien dire. Si le ministre de la défense ne peut plus expliquer lui-même une décision du gouvernement, ça pose un vrai problème au sein de ce gouvernement. Ça affaiblit les ministres.

De plus, le groupe PS, PC, et Jean-Pierre Chevènement ont demandé au gouvernement d’organiser un débat avec un vote. Il nous a répondu qu’il organiserait un débat, le premier ministre a même annoncé qu’il engagerait la responsabilité du gouvernement. Et tout compte fait il ne devrait pas organiser de vote.

Mais surtout, que nous soyons conviés à huis clos pour auditionner le conseiller diplomatique de l’Elysée, Jean-David Levitte, et l’amiral Edouard Guillaud, un autre conseiller, c’est une grande première dans la République. Les collaborateurs de l’Elysée ne sont absolument pas responsables devant le Parlement.

Comment expliquez-vous que le gouvernement agisse ainsi ?
Parce que le gouvernement est à la dérive. Nous sommes gouvernés sans cap. Ce n’est même pas du mépris, c’est pire que cela. Ils sont complètement à la ramasse. Ils n’ont plus la cohésion suffisante pour justifier les politiques qu’ils mettent en œuvre. Et ce qui se passe par rapport au Parlement est très grave. Entre la limitation du droit d’amendement et le fait d’envoyer les conseillers du Président, c’est vraiment la négation de la Constitution.

En quoi la réintégration de la France dans le commandement intégré de l’OTAN met-elle en péril son indépendance ?
Parce qu’on sait tous que l’OTAN est dirigée par les Etats-Unis en grande partie. Le problème est qu’il ne faut pas réintégrer l’OTAN avant d’avoir constitué un pôle de défense européen. Ce qu’a écrit Alain Juppé, ou dit Villepin à ce sujet, correspond tout à fait à la position de sagesse qui semble convenable pour la France. C’est-à-dire qu’on ne dit pas non à la réintégration dans le commandement militaire intégré de l’OTAN, mais pas comme ça. On met la charrue avant les bœufs.

Notre crainte c’est qu’au bout du bout, L’Europe ne s’engage pas dans la défense européenne, se croyant protégée par la défense américaine. La gauche n’est pas seule à protester. Les vieux gaullistes et une partie de la majorité ne sont pas d’accord avec cette réintégration.

Sources : Libération

Poster un commentaire

Classé dans géopolitique et défense